Fiche d’information · Douleurs et appareil locomoteur
Acupuncture et migraine
Migraines et céphalées récurrentes : lecture énergétique, aliments déclencheurs, hygiène de vie. Cabinet d’acupuncture à Nérac.
Les syndromes MTC en cause
En MTC, la localisation de la céphalée désigne le méridien atteint : temporal pour la Vésicule biliaire, frontal pour l’Estomac, occipital pour la Vessie, au sommet du crâne pour le Foie. Le syndrome précise ensuite le mécanisme.
| Syndrome | Signes caractéristiques | Mécanisme |
|---|---|---|
| Montée du Yang du Foie | Céphalée temporale ou hémicrânienne, pulsatile, déclenchée par le stress et la contrariété, vertiges, tension artérielle élevée, sommeil léger | Le Yang du Foie, non contenu, monte et frappe la tête |
| Feu du Foie | Céphalée intense et brûlante, yeux rouges, amertume, irritabilité majeure, constipation, langue rouge à bords rouges, pouls en corde rapide | Le Feu du Foie flambe et monte violemment vers la tête |
| Glaires-Humidité | Tête lourde et embrumée, comme comprimée, céphalée frontale, nausées, aggravation par temps humide et après les excès, enduit gras | Les Glaires obstruent les orifices supérieurs et empêchent le Qi pur de monter |
| Stase de Sang | Douleur fixe, en coup de poignard, toujours au même endroit, aggravation nocturne, antécédent traumatique, chronicité quotidienne | Le Sang stagne dans les Luo de la tête |
| Vide de Sang | Céphalée sourde et diffuse, en fin de journée et à la fatigue, vertiges au relever, aggravation pendant et après les règles, teint pâle | Le Sang insuffisant ne nourrit plus le cerveau |
| Vide de Yin du Rein | Céphalée du sommet du crâne, sourde et continue, avec acouphènes, lombalgie, aggravation le soir et à la fatigue, chaleur des paumes | La mer des moelles n’est plus remplie par le Jing du Rein |
Comprendre les céphalées en MTC
La tête est le lieu de réunion de tous les méridiens Yang et le siège de la mer des moelles. Deux grands mécanismes y produisent la douleur. Soit quelque chose monte en excès et frappe — Yang du Foie, Feu, Glaires : la douleur est alors forte, pulsatile ou pesante, aggravée par le stress ou les excès. Soit quelque chose ne monte plus assez — Sang, Jing : la douleur est sourde, diffuse, aggravée par la fatigue.
La localisation est un outil diagnostique de première valeur. Une céphalée temporale ou hémicrânienne oriente vers la Vésicule biliaire et le Foie ; une céphalée frontale vers l’Estomac et les Glaires ; une céphalée occipitale avec raideur de nuque vers la Vessie et le Vent-Froid ; une céphalée au sommet du crâne vers le Foie et le Rein. Le patient qui décrit précisément son point douloureux fournit déjà la moitié du diagnostic.
Deux points de vigilance. Une céphalée d’apparition brutale et maximale d’emblée, ou accompagnée de fièvre, de raideur de nuque, de déficit neurologique ou de troubles visuels, est une urgence médicale. Et une céphalée quotidienne chez un patient consommant des antalgiques plusieurs fois par semaine évoque une céphalée par abus médicamenteux : le sevrage, encadré médicalement, est alors le traitement.
Alimentation
Calmer le Yang et éviter les déclencheurs
L’alimentation vise à ne pas nourrir la Chaleur du Foie ni les Glaires, et à repérer les déclencheurs individuels, qui varient beaucoup d’une personne à l’autre.
À favoriser
- Riz rond, millet, avoine, sarrasin
- Céleri, fenouil, artichaut, épinards, blettes
- Betterave, carotte, courge, poireau
- Poisson blanc, volaille, œufs, sardines
- Graines de sésame noir, noix, baies de goji
- Chrysanthème, menthe douce, mélisse en infusion
- Repas à heures régulières, sans jeûne prolongé
- Eau en quantité suffisante tout au long de la journée
À éviter
- Alcool, en particulier vin rouge et champagne
- Café en excès, et surtout l’arrêt brutal du café
- Fromages affinés, charcuteries, plats en sauce
- Chocolat, glutamate, aspartame, plats industriels
- Sauter des repas et jeûner longtemps
- Sucres raffinés et pics glycémiques
- Fritures et repas très gras
- Nuits trop courtes comme les grasses matinées prolongées
Petit-déjeuner & repas recommandés
La régularité des repas est ici aussi importante que leur composition : l’hypoglycémie et le jeûne prolongé sont des déclencheurs classiques de crise.
Porridge au sésame noir et goji
- Flocons d’avoine ou millet cuits à l’eau chaude
- Graines de sésame noir moulues, baies de goji
- Noix concassées, quelques mûres séchées
- Une pointe de cannelle, filet d’huile de sésame
Nourrit le Sang et le Yin, remplit la mer des moelles
Poisson blanc au céleri et fenouil
- Filet de poisson blanc vapeur ou au four
- Céleri, fenouil et poireau braisés, épinards fondus
- Riz rond ou quinoa, betterave en dés
- Aneth, persil, huile d’olive, un peu de citron
Détend le Foie, fait descendre le Yang, apaise la tête
Hygiène de vie & prévention des crises
- Consulter en urgence devant une céphalée brutale et maximale d’emblée, avec fièvre, raideur de nuque, troubles visuels ou déficit neurologique
- Tenir un agenda des crises notant date, localisation, durée, déclencheurs, sommeil, repas et cycle : il fait apparaître des schémas invisibles autrement
- Manger et dormir à heures régulières, y compris le week-end — l’irrégularité est un déclencheur majeur
- Limiter les antalgiques à moins de deux prises par semaine : au-delà, ils entretiennent la céphalée
- Repérer et réduire ses propres déclencheurs plutôt que d’appliquer une liste générale
- Bouger tous les jours et travailler la détente des trapèzes et de la nuque
- Signaler toute céphalée nouvelle après 50 ans, ou tout changement de caractère d’une céphalée habituelle
À retenir
Repas et sommeil réguliers • Moins de deux antalgiques par semaine • Tenir un agenda
Localisation, horaire et déclencheurs disent le mécanisme : c’est le carnet de crises qui oriente le traitement, plus que la douleur elle-même.